Conseils pour l’entretien d’un boiler solaire à pression

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Les boilers solaires ont une durée de vie d’une vingtaine d’années. S’il va de soi que la qualité du matériel et le montage de l’installation dans les règles de l’art sont primordiaux, l’entretien régulier du système solaire est tout aussi important pour garantir la longévité de l’installation. Mais à quoi faut-il prêter attention ? Voici quelques conseils pratiques tant pour vos clients (partie 1) que pour vous, chauffagistes/installateurs (partie 2).

L’entretien d’un boiler solaire se compose d’une part de gestes simples (que peuvent assurer les consommateurs) et d’autre part d’interventions plus techniques (réservées quant à elles aux installateurs)
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Cet article comprend deux chapitres :

  • Partie 1 = les gestes de base à communiquer à vos clients
  • Partie 2 = les gestes techniques réservés aux professionnels

Partie 1 : checklist ‘entretien du boiler solaire’ pour les consommateurs

1. Contrôle visuel

Après une première année de fonctionnement, nous recommandons vivement de contrôler divers indicateurs :

  • La pression de l’installation est-elle toujours suffisante ? Une installation correctement dimensionnée ne peut descendre sous le seuil de 2 bar. Cela vaut également pour la période hivernale.
  • Y a-t-il des fuites ? Des traces de glycol séché ? Ou des pertes de glycol, suite à une surpression, récoltées dans le dispositif de rétention prévu à cet effet ?

2. Priorité au boiler solaire

Le boiler solaire prend-il bien le dessus sur l’installation de chauffage en dehors de la période de chauffe ?

Scénario 1 : la régulation du système solaire est prise en charge par la régulation de la chaudière ou est de la même marque que la chaudière.

L’installation a très probablement été paramétrée par le chauffagiste pour donner la priorité au système solaire. Ceci permettra à son client de ne pratiquement rien consommer à la belle saison.

  • Scénario 2 : le boiler solaire et la chaudière ne sont pas de la même marque.

Conseil d’Informazout : éteignez votre chaudière le plus longtemps possible à la belle saison. Généralement de mai à septembre.

3. Nettoyage des collecteurs

Des collecteurs sales peuvent sensiblement réduire le rendement d’une installation solaire. Selon les spécialistes, la chute de rendement peut atteindre 60 % suite à la présence de poussière, de fientes d’oiseaux, de mousse ou de feuilles mortes !

Conseils de nettoyage des collecteurs solaires

Conseils de nettoyage des collecteurs solaires

  • Nous recommandons un nettoyage deux fois par an, à l’entre-saison : en avril et fin septembre. Le choix de cette période n’est pas anodin. En plein été, une petite couche de poussière ne pose généralement pas de problème car l’énergie solaire est souvent supérieure aux besoins. La situation est en revanche différente à l’entre-saison, où la perte de rendement peut entraîner le recours à la chaudière et dès lors augmenter la consommation de mazout.
  • Si le boiler sert aussi à chauffer une piscine, il va de soi qu’un nettoyage l’été est également recommandé. Les besoins seront plus grands, donc il faut à tout prix éviter de perdre du rendement.
  • Pour tous les systèmes, privilégiez un nettoyage tôt le matin lorsque les collecteurs sont encore froids pour éviter tout risque de choc thermique qui pourrait endommager l’installation.
  • Pour le nettoyage, utilisez du savon neutre pour éliminer les saletés et les éventuelles traces de calcaire. L’eau déminéralisée est une option mais pas absolument nécessaire. Gardez à l’esprit qu’il n’existe AUCUN système autonettoyant. Même si les fabricants affirment que la température de surface des collecteurs est suffisamment élevée que pour transformer les impuretés en ‘croûtes’ qui seront ensuite emportées par la pluie, nous estimons qu’un nettoyage à l’entre-saison peut générer des économies à cette période.

Partie 2 : checklist ‘entretien du boiler solaire’ pour les chauffagistes/installateurs

Pour garantir une durée de vie maximale à un boiler solaire à pression, nos experts recommandent de contrôler systématiquement :

  • la formation de vapeur dans les collecteurs ;
  • le dégazage de l’installation ;
  • le vase d’expansion ;
  • divers paramètres de routine.

Etape 1 : éviter la formation de vapeur dans les collecteurs

Tout commence bien entendu par un montage de l'installation dans les règles de l’art. Avec un montage correct vous éviterez les problèmes de glycol tandis que le vieillissement du fluide caloporteur restera très limité. Nous en voulons pour preuve des installations où le fluide caloporteur a conservé toutes ses propriétés après 10 ans.

Un glycol détérioré affecte le cuivre et les joints. Le glycol est un produit organique, ce qui signifie qu’il est soumis à un processus de vieillissement naturel. Ce processus s’accélère lorsque le produit est exposé à des températures supérieures à 170 °C ou à de l'oxygène. Dans ce cas, le glycol s'oxyde et se dégrade lentement. Divers acides se forment, dont l'acide acétique, qui réduit le pH.

Le pH optimal d’un boiler solaire se situe entre 8 et 9. Lorsque le pH descend à 7, le glycol doit être remplacé !
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Selon une note technique de Bosch : « Si la valeur pH est ≤ 7, le fluide du boiler solaire doit être remplacé. Si cela se produit dans les 10 ans, il convient de vérifier la tuyauterie du boiler solaire. » Notez que cette prescription ne s’applique pas uniquement à cette marque puisqu’il s’agit d’un phénomène chimique qui se produit dans toutes les installations.

Etape 2 : dégazer l’installation

Pour la suite de la procédure d’entretien, nous partons du principe que l'installation fonctionne correctement et ne produit pratiquement jamais de vapeur.

Pour le dégazage, soit l'installateur a prévu un purgeur automatique de micro-bulles au niveau de la pompe, soit le gaz s'accumule dans l'alimentation chaude de la pompe où les fabricants prévoient habituellement une soupape, soit les gaz sont dispersés dans les tuyaux nervurés de l'installation solaire. Autre possibilité, le gaz s’accumule au point le plus haut de l'installation, ou dans des poches d'air si le montage n’est pas correct.

La formation de gaz est le résultat d'une surchauffe. Lorsque le mélange de glycol dépasse une certaine température (selon le mélange, voir la fiche technique du fabricant), certains additifs se décomposent, entraînant deux phases au refroidissement : une phase liquide et une phase gazeuse. La formation de gaz indique soit un problème de maintien de pression, soit la dégradation du fluide caloporteur. L’installateur doit donc inspecter attentivement les endroits susmentionnés afin de déceler toute accumulation de gaz.

Après l’évacuation du gaz, il convient de rétablir la pression idéale dans le système.

Etape 3 : inspecter le vase d’expansion

L'expansion thermique du liquide est absorbée par une membrane en caoutchouc (butyle) qui sépare l'air et le glycol. Malheureusement, le caoutchouc n'est pas étanche à l'air. L'oxygène et l'azote se diffusent donc à travers la membrane, ce qui cause une réduction de la pression et peut entraîner la formation d’une bulle de gaz dans le mélange de glycol.

Lors d'une inspection périodique, l'installateur doit à la fois réinitialiser correctement la pression de gonflage dans le vase d'expansion et éliminer les bulles de gaz dans l'installation.

Pour régler la pression de gonflage, le vase d'expansion doit être débranché de l'installation. Un vase d'expansion correctement installé sera précédé d'un robinet d’arrêt à capuchon.

L'installateur ferme la soupape, vide le glycol du vase et mesure la pression par l'intermédiaire de la vanne d'air du vase d’expansion. Si nécessaire, l’installateur ajoutera du gaz à l’aide d’un compresseur ou d’une bouteille d’air comprimé. Nous éviterons ici le débat sur l'air ou l'azote. Sachez qu'il y a environ 80 % d'azote dans l'air et que l'oxygène se mélange plus rapidement que l'azote. Le lecteur averti l’aura compris, après quelques mois, il n'y a pratiquement pas de différence !

Etape 4 : les contrôles de routine à ne pas oublier

  • Inspection visuelle
    • L’isolation des tuyaux qui partent des collecteurs est-elle toujours en bon état ? (dégâts par les oiseaux ?)
    • Quid des raccords, purgeurs d'air, sondes et pinces ?
    • Y a-t-il de la vapeur ou de la condensation dans les collecteurs ? Si tel est le cas, les trous d'aération sont peut-être obstrués. Examinez attentivement les faces latérales des panneaux et nettoyez les trous d'aération. La présence de vapeur dans les collecteurs sous vide signifie que le vide est rompu. La plupart du temps, il faut remplacer le produit, le tube ou le collecteur endommagé.
  • Circuit primaire
    • L’isolation thermique est-elle bonne ?
    • Y a-t-il des traces de fuites ?
  • Paramètres de régulation
    • Les paramètres sont-ils identiques à ceux définis lors de l’installation ?
  • Contrôle du liquide de remplissage (eau-glycol)
    • Avez-vous vérifié la qualité du mélange eau-glycol ? (le liquide de remplissage vieillit)
    • Le mélange eau-glycol est-il brun, jaune ou visqueux ? Il s’agit de signes de vieillissement. Si tel est le cas, remplacez-le.
    • Avez-vous contrôlé le pH du liquide de remplissage avec une bandelette test ? Si le pH est inférieur à 8, remplacez le produit.
    • Avez-vous contrôlé la limite de protection au gel du liquide à l’aide d’un réfractomètre ? Le réfractomètre mesure l’indice de rupture du mélange. Si le liquide ne résiste pas à -15°C, remplacez le liquide. Utilisez toujours un mélange eau-glycol prêt à l’emploi (le temps où l’on faisait soi-même ses mélanges est révolu). N’ajoutez jamais d’eau au mélange : cela ne présente souvent aucun inconvénient pour les propriétés du glycol et de l'antigel, mais, par contre, cela dilue les additifs et fait perdre au mélange ses propriétés protectrices !
  • Contrôle du vase d’expansion
    • Le vase d’expansion du boiler solaire fonctionne-t-il toujours comme au premier jour ? Mesurez la pression dans la partie azotée.

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